• Chapitre 16

    S: "Allez, je te laisse gérer ... je vais sortir les assiettes"

    P: "Ok. Je sors les plats du four"

    Il coupe le thermostat, ouvre la porte du four, attrape une serviette et sors les barquettes du four. Il les dépose sur la table. D'une main Stéphanie ouvre la porte, emporte 2 assiette, du bras droit elle referme l'armoire. Elle sort 2 verres de l'autre armoire. Pierre lui prend les deux verres. 

    S: "Je peux te demander de les démouler ?" et elle lui tend une spatule pour l'aider …

    P: "Oui bien sûr, je fais le service"

    Il la sert, puis se sert ensuite. Les barquettes en alu sont encore très chaudes et je me brûle un peu les doigts. 

    P: "Bien, tout cela m'a l'air fort appétissant, merci pour ton invitation"

    S: "Oh, j'aurais préféré te proposer autre chose, mais y a des jours sans comme ca ... Mais je suis heureuse d'entendre que ca te fait plaisir"

    P: "Tu m'aurais offert des cacahuètes, ça m'aurait fait plaisir aussi. Mon plaisir est d'être avec toi. Mais c'est vrai que je préfère les lasagnes aux cacahuètes"

    Stéphanie sourit puis cale sa fourchette dans son coude. Elle se concentre pour la placer correctement. Elle a fait le choix d'avoir des couverts anti dérapant. Elle charge la fourchette et la porte à sa bouche. 

    Pierre la regarde, "c'est fascinant comment tu te sers de ton petit bras"

    S: "Je ne comprend pas. Développe." Elle lui sourit, et recharge sa fourchette

    P: "Je ne sais pas bien l'exprimer. Mais c'est un mélange d'adresse et de dextérité, c'est surprenant, inhabituel... fascinant quoi"

    Elle rougit,  "je n'ai pas vraiment eu le choix tu sais. Mais ca me fait plaisir que tu trouves que je m'en sorte bien. C'est moins intimidant pour moi. J'ai un peu peur de te choquer parfois ave mes mouvement différents"

    P: "Un philosophe a dit (je ne sais plus lequel) : "de l'uniformité naquit l'ennui". J'ai horreur du banal et de l'ordinaire. Alors tout ce qui est extraordinaire est passionnant et me passionne. Les gens extraordinaires me passionnent. Et tu es extra ordinaire"

    S: "C'est une belle façon de voir les choses en effet"

    P: "Je préfère le voir comme ça. Tu féliciteras ta maman, ses lasagnes sont excellentes"

    S: "Je n'y manquerai pas. Elle nous en refera comme ça "

    P: "Avec plaisir. Et toi ? Tu cuisines ?"

    S: "De temps en temps. Mais je ne m'en sors pas très bien à cause de mon handicap. On se rend pas compte à quel point on a besoin de ses deux mains pour cuisiner ..."

    P: "Oui certainement, mais si tu aimes cuisiner ça devrait aller. Si tu veux, on essaiera à trois mains un jour. Mais je te préviens, pour faire la cuisine, j'ai deux mains gauches."

    S: "Ben ca nous fera 3 mains gauches alors"

    Pierre éclate de rire, "tu crois qu'on pourra s'en sortir ?"

    S: "Il faut qu'on s'inscrive à un diner presque parfait pour tester"

    P: "Ca serait rigolo oui. Au fait, tu étais droitière ou gauchère ?"

    Stéphanie ne rit plus, et lui répond assez sèchement "droitière".

    Pierre lui prend la main, "pardon, ma question t'a choquée"

    Elle sourit, "non, ce n'est pas ça. C'est juste que quand j'étais droitière, je n'étais pas fleuriste"

    P: "Ah bon ? Que faisais tu alors ?"

    S: "J'étais peintre ..." et son visage devient sombre

    P: "Peintre ? Mais c'est merveilleux ça, pourquoi as tu abandonné ?"

    S: "Je ne suis jamais parvenue à reprendre la peinture de la main gauche. Alors j'ai du faire mon deuil ..."

    P: "Oh je vois... As tu réessayé depuis ?"

    S: "Ben directement après l'accident oui, au centre de rééducation. Puis c'est là que j'ai appris à être fleuriste. Ca reste de la créativité"

    P: "Oui c'est vrai, et ça te permets de casser des pots. Tu as conservé ton matériel de peinture ?"

    S: "Oui, j'avoue que je n'ai pas su m'en séparer. Mais, c'est dans le fond d'une armoire"

    P: "Et si je te demande gentiment, tu accepterais de le ressortir et faire un nouvel essai ?"

    S: "Pas ce soir s'il te plait. Une autre fois. J'essayerai de m'y préparer"

    P: "Non bien sûr, pas ce soir... on a le temps, on verra plus tard. Je vais faire la vaisselle"

    Il se lève, rassemble les couverts, prend les assiettes et les verres et se dirige vers l'évier. 

    S: "Merci. Ca me fait des vacances de ne pas vérifier que tout ne va pas me tomber des mains sur le temps que je traverse la cuisine"

    P: "Je suis là, autant en profiter"

     

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